Pour Yolande

Lundi 24 septembre 2012

Pas le cœur joyeux ce matin : hier soir, mon amie de longue date Yolande, de Québec, nous a quitté après un an de lutte contre le cancer.  On a beau savoir que c’est inéluctable, que ça arrivera, que nous y passons tous, que nous avons déjà fait face, et plusieurs fois ; on a beau se croire solides et inébranlables, ça nous atteint toujours en pleine gueule, et ça fait mal, et on en reste tout étourdis.

On a beau se dire que c’est bien, qu’elle a souffert “ le moins possible” qu’elle était préparée, qu’elle est partie “dans les meilleures conditions“ ; on a beau vouloir rester positifs, il n’en reste pas moins que soudain, et ceci arrive toujours lorsque la mort de quelqu’un nous touche de très près, oui, soudain on voit la vie différemment. Une question s’impose : “ A quoi ça sert, tout ça ?” Tout ce fatras de choses dont nous encombrons nos vies, petites haines, petits egoismes, petites vanité, petites colères ? A quoi ça sert, devant l’immensité de la mort ?

Yolande, je l’ai rencontrée il y a plus de dix ans sur le net, dans un forum tenu par une autre amie Québécoise, Marie. Nous nous sommes comprises, elle sortait victorieuse d’un second cancer. Elle est venue chez nous avec son mari, nous avons tous les quatre passé de bons moments ensemble, partageant rires et bonnes chères. Elle m’encourageait dans l’écriture, nous parlions musique, enfants, et l’approche de la vieillesse nous a rapprochées. Et puis, il y a un an, la sentence : pour la troisième fois, elle était touchée par cette saleté de maladie qui semble de plus en plus impossible à éliminer de la surface de la terre.

Un an de lutte, de chimio, d’espoirs, de souffrances, de révolte parfois, mais  pas souvent. Un an à parler de tout et surtout de Dieu. Un an pour préparer son départ.

Je vous reviendrai, et nous n’en parlerons plus. A plus tard, donc. Gardez bien la vie en vous.

  1. Quoi que l’on en dise, nous ne sommes pas préparés au départ de ceux que l’on aime, même si on sait que .. un jour … on garde toujours l’espoir pour eux mais pour nous aussi, peur du chagrin de cette coupure irreversible. Je viens aussi de perdre une amie très chère en 2 mois de temps, elle n’a pas voulu d’acharnement thérapeutique, pas de traitement, pas de souffrance inutile, ses enfants ont respecté son voeu.
    Que votre amie soit en paix, que le temps apaise votre chagrin.
    Mes amitiés d’une grand’mère de 70 ans vivant près de Versailles.

    • Merci Mamily, merci pour votre commentaire qui vient du coeur, vos mots sont le reflet de ce que je pense aussi. Je suis d’accord pour le NON au traitement dans certaines conditions, et surtout, le NON à l’acharnement thérapeutiquem, surtout ici ( USA) où on traite de tout et de rien. J »ai vu il y a 30 ans mon père mourir dans des conditions inhumaines, et je croyais que c’était le summum de l’horreur, mais dix ans plus tard, j’ai vu ma mère mourir de façon encore plus atroce. Je suis donc une inconditionnelle du « laissez mourir de ma belle mort » quand l’heure sonnera.

      Mes amitiés en retour, nous sommes de la même génération, vous et moi : je suis aussi une grand-mère, nous voici avec au minimum 2 points communs. Merci pour votre passage et [pour votre commentaire

  2. Beaucoup de courage pour cette épreuve, la perte d’un etre cher est une douleur mais j’ai appris dans l’accompagnement du cancer de mon père que l’acharnement thérapeutique était encore pire que la maladie en elle-même.
    Je suis aussi du « laissez mourir de ma belle mort » comme pour ma grand-mère disparu dans son sommeil le 26 decembre 2006, je me permets de te laisser l’adresse de mon tout premier blog car ma douleur je l’ai exprimé par la création.
    http://univers-crea.over-blog.com/categorie-10940586.html

    Je t’embrasse très fort

    Paix à son âme

  3. Merci, Me, pour tes paroles et pour le partage. Je suis encore un peu anesthesiée, je dois dire : je vais me réveiller dans quelques jours ou quelques semaines, et son absence sera cruelle : pourtant, je m’y prépare depuis un an. Je vais sur ton blog, je te laisserai une trace de mon passage.

  4. je te souhaite plein de courage, j’ai moi-même affronté un deuil à la fin de ce mois d’aout, qui explique une partie de mon silence. Je pense fort à toi et aux proches de Yolande. Je t’embrasse toi et les tiens.

  5. Merci, mes amies, je sais que vous comprenez et je vous sens proches par la pensée, c’est un réconfort. La vie est devant.
    On plante des arbres pour le printemps prochain, on invite des amis, on continue de vivre. Marie, tu vas mieux ? tu reprends goùt aux jours qui passent ? bisous a toutes.

  6. Toutes mes pensées . Tandis qUe mon pere s’en va doucement, je n’ai jamais eu envie de vivre aussi fort, je tiens donc ce voeu que tu formules, peut être le cadeau que nous pouvons leur faire.

    • La mort resonne en nous différemment selon nos âges. Mais toujours c’est « notre » vie à nous qui reprends sa place.
      Il y a des grands mystères dans la vie, nous ne voyons que le haut de l’iceberg. Courage pour les mois à venir, Helene. Merci de ton partage.

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