Chroniques du travail US / 4 – Protection du travailleur

Chronique 1 / Chronique 2 / Chronique 3

Le processus : A )  Contacter  les agences et porter plainte

________________________________________

 Il ne d’agit plus de se lamenter :  Zack est sûr d’avoir raison, donc, la  première chose à faire, c’est de téléphoner à une conseillère de l’EEOC et de demander conseil : Zack a bien le sentiment que son renvoi est basé sur de fausses données, mais il lui faut en être sûr. Il y a des paramètres à respecter, et la conseillère est là pour savoir de quoi il retourne.

 Au cours de la conversation, la conseillère pose quelques questions faciles pour etablir son dossier. Elle demande ensuite à Zack de lui raconter brièvement ce qui s’est passé.

 Elle tique sur plusieurs points :

1) l’âge de Zack

2) Zack n’a jamais reçu de blâme, par écrit ou oralement.

3) Zack n’a pas été appelé immédiatement par la direction à la suite de l’incident.

4) la direction a refusé de lui montrer la plainte.

5) il y a eu très clairement un passe-droit au moment de la promotion refusée en décembre dernier.

6) par son ancienneté, Zack allait recevoir de plus amples bénéfices et une augmentation de salaire dans 2 mois.

7) Zack est l’employé était le plus âgé de l’établissement, et le mieux payé dans son rang.

 Il y a donc de fortes chances pour que le renvoi soit effectivement un  wrongful termination, licenciement abusif qui enfreint les lois du travail en général, et particulièrement, les lois protégées par les Human Rights en matière de discrimination.

 Depuis deux ans environ, Zack est en butte à des sous-entendus, passe-droits et autres différences de traitement qu’il a soigneusement notées sur un log. En 2011, il a envoyé une note officielle à la direction et demandé qu’on rectifie une différence de traitement qui favorisait clairement un employé plus jeune que lui. Depuis, il a parfaitement compris qu’on souhaitait le voir partir, mais comme rien dans le comportement de Zack ne donnait le droit de le licencier, il fallait sauter sur l’occasion, ou, à l’extrême, créer un incident.

 Ici, Zack rembobine le film pour se le repasser une centième fois, cherchant si la cliente est une vraie cliente, ou bien est-ce une de ces fameuses spy-shopper, fausses clientes qui sont en vérité des sortes d’inspectrices chargées d’établir des rapports contre les employés lambins, improductifs, ou simplement … gênants ?

 On repart à la case zéro, et on recommence :

 – Voyons, cette cliente voulait bien de la Stain Master ?

– Oui

– En 15 pieds de largeur ?

– Oui

– Sais-tu qui lui avait dit qu’elle pouvait acheter de la Select en 12’ a la place  de la Stain Master?

– Oui, le manager des installations

– Mais enfin, Zack, pourquoi tu ne l’as pas dit plus tôt ? Et quel âge il a le manager des installations ?

– 34 ans

– On l’a viré aussi ?

– Non

– Et qui c’est qui a dit à la client que le pied linéaire de la pose du cadrage lui reviendrait à $ 0,20 ?

– Le manager des installations.

– Le même ?

– Oui.

     Voilà qui change tout. Deux employés, de même rang *  sont confrontés au même problème, l’un est viré et l’autre non. Or celui qui est viré est aussi celui qui tentait de rectifier  les erreurs du premier ; de plus, c‘est le plus âgé des deux, avec une différence d‘âge de plus de 30 ans.

Conclusion logique américaine :  il y a eu une énorme différence de traitement entre les deux employés, de la part de la direction.

 Il faudra maintenant avoir toutes les preuves de ce qui s’est passé. Bon, ben on va s’armer de courage et de patience.

__________________________________________

manager des installations et supervisor de tout un grand département : ces deux positions sont équivalentes en rang et en salaires dans cette entreprise.

_________________

( ça continue ici )

  1. Ping : Chroniques du travail US / 3 – L’employé aussi à des droits, hum, hum « Chroniques Américaines

  2. Beaucoup de courage a vous 2!!! mon BP a bosse chz le concurrent de L. a HD (apres s’etre fait vire d’1 poste de bureau a 55 ans – bon boite rachetee etc.). Il a donc decide de s’embarque la bas. J’ai pense a lui qd j’ai lu la partie de ton post ‘secret shopper’ – il etait persuade que bcp venaient le ‘surveiller’. Il a eu un accident d’auto, et a donne sa dem’ heureux car c’etait tres dur de bosser ‘physiquement’ autant pour lui…

  3. Voilà, tu as tout compris, et ce n’est pas tout, Tour Eiffel :
    Tu peux aussi dire à ton BP que Zack en est à son second AGE DISCRIMINATION en 5 ans !!! et le premier, en 2007, devine où ? Oui, à H.D. Zack avait alors 62 ans.
    Nous avons attaqué dur et ON A GAGNE, oui, 6 mois d’enquêtes, et de jugements en jugements : Tu sais, les Human Rights sont très sérieux quand il s’agit de discrimination, ils ne rigolent pas. Ils ont été d’un soutien formidable.

    Ce qui est fort, ici, c’est que lorsqu’un travailleur gagne un procès de la sorte contre son employeur ( grosse boite) la « punition » infligée par le juge contre la grosse boite est financièrement importante, sorte de consolation contre l’injustice. Je me demande si c’est la même chose en France ?

    Présente les ‘salutations » de Zack à ton BP, entre victimes, ils pourraient former un club 🙂

  4. Et c’est pourtant vrai de chez vrai, j’te jure, Ariana : mais il n’y a pas que du mauvais, non, non !!
    Par exemple, le fait que la discrimination est severement punie et la loi protege bien les travailleurs .
    – ce qui n’est pas encore arrivé jusqu’à la législation francaise, qui est à sens unique et où celui qui crie le plus fort a raison, point final.

    Ici, tout le monde est protégé, sauf si tu es un homme, blanc, et moins de 40 ans : dans ce cas, triste, tu n’es absolument pas protégé. Tout le reste l’est.

    Les secret shoppper pullulent dans l’etat de NY, et le gouverneur ( Cuomo) commence de montrer les dents car sous pretexte du « Client-roi », les secrets shoppers auraint tendance à abuser. Or, quand il y a abus ( and harrassment) la loi n’est pas pour le harrasseur, quelqu’il ou elle soit.

  5. J’espère quand même que Zack apprécie ses vacances forcées !
    Moi j’aimerais bien que mon petit mari soit tous les jours avec moi 🙂

    • Mais tu as raison, M’ame de K, j’ai rajeuni de 20 ans ( mouhahahah !!!! ). Lui, par contre, … bon, je ne vais pas rentrer dans les détails, mes très chères, n’y comptez pas 🙂
      N’empèche que, comme nous somme s au milieu de travaux importants dnas la Maison Blanche, depuis qu’il est là, ça avance a pas de géants.

  6. En France, mon pere s’est retourne contre sa boite licencie au bout de trente ans de bons et loyuax service car ils ont ete malhonnetes, il a gagne avec dommages et interets. Il a ensuite bosser chz in mr B qlq annees jusqu’a ses 60 ans en a bave car c’est physique lui qui pourtant est super bricoleur. Dc c’est pareil partout la discrimination de l’age.

    • La discrimination, un mot que les expats doivent absolument apprendre par coeur pour s’en servir dès qu’ils ou elles sentent que quelque chose ne tourne pas rond dans leur job.

      Faire attention à ne pas être le discriminateur, jamais. Jamais de jugements ni refelxion

      Lorsque Zack travaillait à the H. D., ( 2002 / 2007) comme on ne pouvait rien lui reprocher, « ils » ont fait ecrire un statement par une autre employée, qui accusait Zack d’avoir donné de mauvais renseignements à une cliente – oui, le scenario est toujours a peu pres le même : faux temoignages, delation, rapports mensongers. « Ils » nont peur de rien.

      Manque de bol pour HD, la personne qui a écrit ce rapport était agée de 18 ans, n’etait là que depuis 7 mois, n’avait jamais travaillé dans ce genre de travail – et, interrogée, n’a pas su répondre à la question simplissime du Juge  » Vous accusez Zack, mais vous, qu’auriez-vous donné comme « bon » renseignement ?  »

      La credibilite de HD en a pris un sacré coup. Celle de la jeune personne aussi.

      La discrimination est traquée dans le milieu du travail depuis plus de quarante ans. Maintenant, comme toutes bonnes choses, il y a aussi l’excès : des travailleurs malhonnêtes n’ont pas hesite a accuser leur employeur de discrimination pour empocher une somme rondelette. Le EEOC et les Human Rights sont devenus très fins et savent séparer l bon grain de l’ivraie, oops, le vrai du faux, donc.

      Les juges ne sont pas contre les travailleurs : ils sont contre les mensonges, la mauvaise foi, la tricherie, les abus.

      On peut aussi tomber sur de ‘acrés cons, comme partout, mais dans l’ensemble, et au bout de trente ans d’Amerique, je n’en ai jamais rencontré qu’un seul qui mérité ce denominateur.

  7. Pour avoir travaillé quelques années dans un groupe qui portait le joli nom de Service Central d’Orientation Professionnel au sein d’une institution international, j’ai pu entendre d’innombrables fonctionnaires parler de la discrimination sous toutes ses formes et nationalités. Et il est bien difficile de défaire les nœuds puisque souvent celui qui est victime ne trouve que l’indifférence des autres. Ce qui vient alourdir ce sentiment d’injustice, de révolte et de solitude des victimes. Qui doivent porter plusieurs (res)sentiments à l’égard de ceux de qui ils se sentaient si proches il y a encore peu de temps.

    Le monde du travail porte en lui celle réalité comme une ombre. La route est longue et difficile. Que du courage. Et de l’amour.

    Je vous embrasse.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s