Chroniques du travail US / 3 – L’employé aussi à des droits, hum, hum

(textes precedents : Chronique 1 / Chornique 2)

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 Comme vous pouvez l’imaginer, Zack est effondré : il a conscience d’avoir agi avec courtoisie et en toute conscience professionnelle.  Il ne sait ni ce qu’on lui reproche, ni qui a donné le mauvais renseignement sur le prix du cadrage, ni même – un comble ! – ce qui est écrit sur la plainte de la cliente. D’ailleurs, y a-t-il une Written Customer Complaints ? Il n’en sait rien non plus. Tout ce qu’il sait, c’est qu’en l’espace de 12 minutes, il se retrouve sans travail, et c’est irrémédiable.

Il a plus de soixante ans et il ne retrouvera pas un travail aussi bien payé que celui qu‘il vient de perdre. Il a beau avoir plus de trente ans de métier, un diplôme en Business Management, et être capable d’en remontrer à n’importe qui dans la connaissance des centaines de moquettes, carrelages, parquets et autres revêtements de sol, personne ne l‘embauchera désormais, à cause de son âge. Ce qu’il peut trouver : un petit boulot minable, bien au dessous de ses qualifications.

 La retraite ? Elle est à 65 ans, ici, avec la possibilité de continuer à travailler sans limitation d’âge : Zack, ancien athlète en parfaite forme physique, avait prévu de continuer à travailler jusqu’à 70 ans.

 Tout le monde sait qu’il y a très peu de protection pour le travailleur américain : pas de syndicats ou seulement dans certaines branches ( éducation, métallurgie, construction, transports, etc..). Dans le commerce, c’est pire que tout : les grosses compagnies, comme L…, ou Home Depot, ou Walmart, ou Sears, ou Target, etc… n’embaucheront jamais quelqu’un qui sera “ Union Friendly : et oui, c’est bien beau l’idéologie, mais faut pourtant travailler, n’est ce pas ? Donc, les travailleurs qui sortent avec un diplôme de commerce s’engagent d’abord à ne PAS  faire partie d’un syndicat : sinon, les portes de ces grandes entreprises commerciales lui seront fermées. A jamais.

 Zack, comme des millions d’autres travailleur, ne peut donc compter que sur lui-même. Et depuis quelques dizaines d’années, sur deux organismes fédéraux : le EEOC, Equal Employment Opportunity Commission ; et les Human Rights.

(suivre, en toute hâte)

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  2. Oui, Ma’, et si je veux être honnête, je dois aussi en parler : travailler, ici, est presque diametralement opposer à ce que les Français connaissent du travail.

    Le travailleur américain n’est pas protégé, c’est une vérité d’une clarté éblouissante et les expats doivent le savoir.

    Par exemple, un « mensuel », c’est à dire un manager, un cadre, n’a pas le droit de compter ses heures : il devra faire toutes les heures qu’on lui demandera de faire, il n’y a pas de limites, il ne recevra pas d’heures supplementaires ( logique americaine : vous etes payé au mois, comment compterions-nous vos heures supplémentaires ? sur quelle base ? )

    L’absence de syndicat, de représentation est un handicap certain – sous un certain angle. Mais cela a au moins le merite d’eviter les representations politiques. Le milieu du travail est non-politique. Il n’est que… dollar

    Oui, je sais, le dollar party n’a pas encore ete créé, bien que 70 % de la population de ce pays y adhere.

  3. Tu vois, ce genre de chose me révolte… Mais je crois que je pense bien trop franco-français… C’est un fait, bien que depuis que je suis à mon compte, je sois bien moins protégée et donc je mesure à quel point être salarié en France est finalement agréable… Je souhaite sincèrement à « Zack » de pouvoir faire valoir ses droits!! J’espère que tu vas bien et que ton époux supportent bien la situation. mes amitiés, même si je ne le connais pas 🙂

  4. Bizarrement, Marie, oui, on peut dire que passé le premier choc, nous avons remonté le courant assez bien. Je vais d’ailleurs expliquer pourquoi par la suite.

    Merci pour lui, je transmets 🙂

  5. en tant que musicienne freelance, je ne fais pas partie de l’Union, et j’ai vécu des aberrations musicales. Cela dit, du point de vue des musiciens d’orchestre, je comprends qu’ils soient « unionized. » Mais certains chefs en ont peur…
    Dans le cas de Zack, il y a clairement abus. Il n’y a d ailleurs aucune faute de sa part.

    • Oui, c’est clair pour moi aussi, Ariana, mais n’oublie pas que Zack ne sait pas encore de quoi il est accusé. Il faut donc qu’il porte plainte pour abus , afin que les deux organisnes qui vont le représenter, les Human Rights, et le Equal Employment Opportunity declenchent un subpoeny, une ordonnance qui obligera la compagnie à présenter la lettre de la cliente … s’il y a lettre ; ou un « statement » de la personne qui a reçu la plainte orale de la cliente.
      A partir de là, Zack sera en mesure de se défendre. Mais pas avant.
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  6. En lisant ce troisième volet il me vient ces mots de Tonton Albert « Le monde est dangereux à vivre, non pas tant à cause de ce qui font le mal mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire ».

    S’insurger contre toute forme d’injustice est un devoir de tout être humain.

    Bisous Lise

  7. Un devoir que je respecte, j’ai rencontré l’injustice sous toutes ses formes, dans ma vie, et finalement c’est bien entré à force d’enfoncer le clou, 🙂
    Attention aussi aux injustices que nous rencontrons sur la planète Net ! il y en a plus que l’on pense.

    Bisous en retour, ArRi !

  8. Ping : Chroniques du travail US / 4 – Protection du travailleur « Chroniques Américaines

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