Chronique du travail US / 1- le client

Je vous avais promis une chronique sur le travail à l’américaine , ses pompes et ses oeuvres. Voici le premier volet d’une série qui en comportera plusieurs, je ne m’avancerai pas jusqu’à vous donner un chiffre précis, on verra bien, mouhahaha !!!

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Le client : il a toujours raison.

C’est la règle absolue, et tous les employeurs américains vous le diront : le client n’a jamais tort. Le client est roi. Le client peut tout faire, tout demander et tout obtenir. Toutes les personnes qui travaillent dans le magasin, ou l’entreprise, ou l’organisme, tous sont à son service.

Forts de cette règle simple et hautement acquise, le client américain devient facilement abusif, en toute sécurité : quoiqu’il dise, quoiqu’il fasse, il sera surprotégé par ceux qui président aux hautes sphères des magasins,entreprises ou organismes ; si de surcroit il menace d’en référer à la maison mère, et de faire un « customer complaints » tout le monde s’aplatira. C’est devenu une manipulation dans lequel certains clients  excellent au point d’avoir acquis une maitrise telle qu’ils obtiennent partout de substancielles remises sur les produits ou les services.

Prenons Madame Label, par exemple.

Madame Label est arrivée à L… , ce magasin qui se dit « home improvement », attirée par une belle pub : en substance, cette pub disait qu’on lui offrirait l’installation GRATUITE de la moquette quelles que soient les dimensions de la pièce qu’elle désirerait moquetter si elle l’achetait entre le 15 juin et le 15 aout.

Ici, on se doit de préciser que si elle est reine, la cliente américaine est aussi facilement gobeuse de tout et n’importe quoi, à partir du moment où elle entend le petit mot qui sonne comme un timbre à vélo : FREE.

Si c’est FREE, c’est nécessairement pour elle, et la voici qui court au magasin. Elle rencontre Andréa, la vendeuse qui confirme, que oui, une équipe d’installeurs viendra le surlendemain mesurer GRATUITEMENT la pièce en question. Madame Label donne son adresse, on prend rendez-vous et VOILA !  Une fois les mesures prises, la cliente pourra revenir choisir et acheter la moquette de son choix.

Quelques jours plus tard, Madame Label revient donc au magasin  pour savoir de quoi il retourne. Elle est impatiente de choisir la moquette pour cette installation FREE, mais André n’est pas là. Qu’à cela ne tienne, un employé du département des installations est là, prêt à lui donner tous les renseignements qu’elle désire. Madame Label, riche de ces renseignements, n’a plus qu’à venir choisir la moquette qu’elle désire, et l’installation sera programmée dans la semaine suivante.

Madame Label revient donc a L… pour la troisième fois, et manque de chance, Andréa n’est toujours pas là. Heureusement, le superviseur , Zack,  est là, prêt à donner à Madame Label  toute son aide.

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(à suivre, de près)

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    • Mais oui, mais oui, ma chérie, JUSTEMENT et c’est là que Zack va foncer,
      Car il s’agit ni plus ni moins d’un pretextual dismissal – et ça, je vais l’expliquer sur notre blog des CHRONIQUES, because ça peut toujours servir aux expats.
      A savoir : il n’y a qu’un seul moyen de se défendre et de lutter contre les licenciements abusifs, et c’est d’arriver à prouver que l’entreprise qui vous a joué un sale tour avait une dent contre le fait que vous êtes (au choix) : noir ou jaune ( race discrimination) / Femme ( gender discrimination) / catho ou adorateurs du Dieu Pan ( religious discrimination) / bi ou trans ou whatever (sexual orientation discrimination) / agé de plus de 40 ans (age discrimination) / … et d’autres, je mettrai la liste complète.
      Et finalement vous verrez qu’on peut être aussi bien et peut-être mieux protégés qu’en France.

      ( oui, hum, enfin, ok, whatever … )

  2. Je ne sais pas si la posture des clients est meilleure ailleurs ni si les employés sont plus respectés. Et même la fameuse « protection européenne » prend un sacré coup avec la main d’œuvre disponible sur le marché du travail. L’avenir nous le dire. On n’est pas encore dans la logique des « states » mais… tout est une question de temps. Les mentalités sont en train de changer. Puis adressez-vous dans les grandes « marques » que je ne citerais pas. De vêtements et bijoux et on serait surpris de voir jusqu’à quel point le client, quoi qu’il fasse et quoi qu’il dise, a toujours raison.

  3. Ce que tu dis est vrai et je l’avais remarqué à chacun de mes voyages en Europe : le client prend toute la place, il faut le chouchouter a l’extreme pour lui faire ouvrir grand son portefeuille – pardon, glisser de plus en plus rapidement sa carte plastique dans le bidule
    Parce que c’est bien là le seul but de l’operation « Client-Roi ». Si on s’arrête trois secondes pour y reflechir, on est ecoeurés.
    Ma question reste la même depuis vingt ans : Pourquoi l’Europe prend-elle uniquement, de l’Amérique, ce qu’elle a de plus moche ?

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  5. Ping : Chroniques du travail US / 4 – Protection du travailleur « Chroniques Américaines

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