Chronique de la patience

Un geste d’impatience,  quelques mots de colère et crac, un grand morceau de quelque chose qui aurait pu se tisser en amitié est définitivement rompu ce matin. En trois, non, quatre mails.

 Pourquoi ? Parce que, occupée ailleurs (j’ai aussi, n’est-ce pas ? une VRAIE VIE, à vivre à coté des loisirs de la planète web, et des fêtes de fin d’année à célébrer comme tout un chacun, s’il faut tout dire ) je n’ai pas répondu sur le champ à l’attente d’une lectrice.

C’est triste.

Nous ne savons plus être patients. C’est un défaut qui a commencé il y a plusieurs décennies et qui actuellement se précipite. Nous voulons tout, et tout de suite comme les enfants gâtés que nous sommes devenus. La patience, le calme, une certaine sérénité devant l’attente, tout ceci était grande vertu naguère. Aujourd’hui, nous ne savons plus  ce que c’est ni de quoi il retourne ; de telle sorte que nous ne savons plus l’enseigner à nos enfants, la vertu Patience.

Elle était pourtant grande et belle, capable de tenir les rênes de toute une maisonnée, avec son grand sourire placide et son regard plein d’attention. A l’écoute, Patience se tenait ferme et carrée, debout dans un coin du logis,  silencieuse souvent, souriante toujours, et présente chaque fois qu’on avait besoin d’elle.

Nous l’avons tuée au feu de nos colères et de nos crises de rage, comme ce petit garçon de mes amis qui a démoli à coups de pieds et de poings ce auquel il tenait le plus, un superbe circuit de train électrique (cela se passait quand les petits garçons  s’amusaient encore avec ces jouets d’un autre siècle) sous le mince prétexte que  la locomotive n’allait pas assez vite. Quarante ans plus tard, il la pleure encore, sa belle loco verte et rouge, devenue tas de ferraille dans une boite à chaussure.

On peut aussi la tuer à coups de peur, car l’impatience et la peur sont sœurs jumelles. Et elles sont dominées par la colère ; un beau trio dont nous pouvons être fiers. L’humanité en marche menée par ces trois là, en guise de porte drapeaux, nous atteindrons plus rapidement le bord du précipice. So be it.

Je vous souhaite à tous, amis lecteurs de passage, la patience infinie, et le sourire heureux qui va avec. Au moins pour un jour. Et vous verrez comme tout ira mieux, demain.

Sans hâte et sans essoufflement, je vous retrouverai ici, demain, samedi ou l’année prochaine. Mais je vous retrouverai, promis, juré, croix de bois, croix de fer.

_______________

Ce que j’admire le plus chez mes compatriotes américains ? justement, justement, le calme, la réflexion et la patience.

  1. aie! Je ne connais que trop bien 😦 une seule chose a dire moi qui suis aussi parfois longue a répondre ou a uploader, laisse couler! et enfin heureusement que tu as une vie hors du blog! je te souhaite un beau passage de nouvelle année et un beau repas! à bientôt

  2. Coucou, Marie, tu es d’une INFINIE patience, tu ne pourrais pas réaliser tes créations si tu ne l’étais pas. L’apprentie-orfêvre en mots que je suis depuis très longtemps s’isole totalement lorsque je « tombe » dans un texte qui prends toute mon attention. Dans ces cas-là, le monde pourrait s’arrêter de tourner, je crois que je ne m’en apercevrais pas car je ne suis plus sensible qu’à ma page à remplir de signes noirs ou violets ( je me corrige en violet, hi hi, j’aime les améthystes, tu verras bientôt pourquoi )
    Ma lectrice-amie m’a fait l’honneur de se reconnaitre et de m’adresser un petit mot gentil : l’impatience de se retrouver, me dit-elle, se double de toute l’amitié reçue et donnée…
    hé, hé, il y a du vrai, n’est ce pas : rien n’est jamais ni blanc, ni noir.

    On va se souhaiter la generosite de la patience et nous pourrions ensemble, toutes et tous, nous promettre de ne jamais, jamais nous impatienter si une reponse tarde un peu … 😉

    A mettre dans la liste de la Chron pour les Souhaits Insolites 2012.

  3. Hey 🙂 !
    Merci pour tes petits commentaire, je te souhaite également une bonne nouvel année avec plein de bonne chose !
    Alexis( et ses 80°f hahaha )

  4. ah !!! Mais voici ALEX de San Diégo !!! quelle joie de te voir ici !! nous ne sommes pas de ta generation, heureux TEEN, mais tu es accueilli à bras ouverts par un tas de grandes soeurs (mères et grand mères) heureuses et fières de voir un jeune français tenté par l’aventure américaine. Il est possible que nos discussions ici soient un peu trop « vieillottes » et sérieuses pour toi, mais comme je te sais intelligent, tu peux y apporter ton grain de sel et même poivre, tu es le bienvenu.

    Profites encore de tes winter vacations et de tes 80 F . AH AH AH vilain moineau du Pacifique ! , alors que nous avions 1/2 cm de neige ce matin de l’autre coté plein est Atlantique … bof … même pas assez pour skier , 😉

  5. Oui oui moi aussi j’ai aussi 80 F ! Bon il faut bien que l’Arizona ait quelques compensations…

    Ah la patience, j’en suis totalement dépourvue par nature, mais sais l’être par raison… en rageant.
    Mais là ou je ne te suis pas c’est sur la patience et la réflexion de tes compatriotes américains… la jeune génération n’est pas du tout patiente. Tout du moins ceux que je côtois…
    Bises de Phoenix et bon passage d’année… Nath

  6. Coucou, Nath tout dépends dans quel endroit d’Amériqueueu nous vivons, je crois : ici ( up-state New-York), les jeunes sont sans doute un peu moins patients que leurs aînés… mais bien plus que mes jeunes cousins Carcassonnais ou Toulousains, lol!!

    Bisous aussi à toi, Nath et tous mes voeux dans to Phoenix ensoleillé

  7. Bizarrement, je peux à la fois faire preucve d’une très grande patience, et tout autant me montrer soupe au lait et monter a des hauteurs ( d’idioties) inimaginables en quelques secondes.

    J’ai appris que c’etait le propre des créateurs. Donc, so be it … ça me plait assez, j’ose le dire. ( enfin, si c’est vrai ? )

    Mais il y a une chose : sachant à quel point je peux me montrer impatiente parfois, j’ai appris à me controler selon les methodes du « angry management made in america » respiration, boire ( de l’eau fraiche !), sortir marcher en respirant profondement, etc..

    Où je me montre le plus irascible : quand on pretends entraver ma liberté. Mari, enfants, tout y passe, je fais alors table rase. L’horreur !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s