Le Mayflower – 5 : la première rue du premier village

La première Leyden Street, PLymouth, Massachusetts

Cette première rue, reproduite entièrement et le plus fidèlement possible

d’après les plans et les dessins du Journal du gouverneur Bradford, 1621-1624

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Plymouth, avril 1621, la première rue du premier village de ce qui deviendra le premier état américain, la racine des Etats Unis d’aujourd’hui.

Comment ont ils structuré le premier village?  c’est la question que se pose la Chroniqueuse, et à partir de là elle se retrouve, quatre ans plus tard, avec une cinquantaine de livres, des centaines de pages d’information et une passion qui ne s’éteint pas pour ces quelques kilomètres carrés de terre, à quatre heures de voiture de chez elle, vers l’est, au bord de l’océan, berceau de l’amérique que nous connaissons aujourd’hui.

D’abord, comment et pourquoi avoir choisi l’anse de Plymouth ? Ce fut un peu le hasard allié aux vicissitudes de la navigation sur l’atlantique en plein hiver, il y a quatre siècles.

Lorsqu’ils quittent Plymouth (Angleterre) pour ce voyage à l’aveuglette vers le Nouveau Monde, les pionniers ont en main une « patente » du roi qui va leur permettre d’installer officiellement une colonie sur cette nouvelle terre ( s’ils y parviennent ! ) et, de là, en faire tout simplement propriété anglaise. Leur but, c’est ce qui est maintenant Manhattan, alors New-Amsterdam, c’est à dire, l’embouchure du fleuve Hudson. Ils savent qu’ils ne pourront s’aventurer à l’intérieur des terres qu’au moyen de cette route d’eau.

Le bout de la péninsule de Cape Cod en hiver, aux alentours de Provincetown

Perdus dans les brouillards et les tempêtes de notre côte atlantique-est, le Mayflower touche terre une première fois à l’extrême pointe du Cap Code, aujourd’hui Provincetown. C’est un endroit inhospitalier, ravagé par un climat auquel très peu de végétation parvient à résister. Ils voient là que dunes et broussailles. Horrifiés, les pèlerins décident de reprendre la route en longeant la côte vers le nord : ils espèrent trouver ainsi un endroit plus favorable à l’établissement du premier village. C’est sans le savoir, en traversant tout droit vers l’ouest au départ de Provincetown, qu’ils s’engagent dans la baie de Plymouth et arrivent dans le port naturel de Plymouth.

Leur premier village, ils l’ont construit sur l’emplacement du campement de la tribu Wampanoag, pour la simple raison que cet emplacement présentait une large surface de terrain déjà préparé. Ma théorie (qui n’est qu’une théorie) c’est que les Indiens Wampanoag, comme la plupart des Indiens semi-nomades, se déplaçaient à l’intérieur des terres, et installaient leur séjour d’hiver à l’abri des vents et des tempêtes. En mettant pied à terre le 20 décembre 1620, Bradfort et ses compagnons trouvent donc, face à eux, une petite colline déserte, un terrain défriché qui monte gentiment vers l’ouest, et, comble de merveille, un ruisseau d’eau douce caracolant au sud, avant d’aller se jeter dans l’océan. L »eau douce, élément primordial, va décider de l’emplacement. C’est grâce à ce ruisseau que la première colonie survivra.

Les hommes se mettent au travail immédiatement, malgré le froid, la neige, et les tempêtes. Ils construisent d’abord un bâtiment de rondins à mi-hauteur de la colline, pour s’abriter et abriter leurs outils. Ce large bâtiment deviendra l’abri de tous les villageois en cas de danger.

Leyden Street aujourd’hui.

En haut, le premier bâtiment destiné à abriter les habitants en cas d’attaque ou de feu,

 s’est peu à peu transformé en église au cours des siècles.

Derrière l’église, le cimetière abrite les restes des premiers anglos-americains.  

 

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  1. Ta théorie à propos des Wampanoag semble être juste. J’ai revisionné le documentaire que j’avais copié l’année dernière sur la chaîne Arte qui fait intervenir des historiens (américains) et des indiens. Il apparaît effectivement que ces derniers s’éloignaient des côtes en hiver en y laissant des plants séchés et des graines pour leur retour au printemps. C’est un peu cette nourriture providentielle trouvée sur place qui décida aussi les pères pèlerins à s’installer à cet endroit.

  2. ils n’avaient aucune idée de leur situation gégraphqiue, car le Maydflower avait un peu perdu sa route : pense qu’ils croyaient être à l’embouchure de l’Hudson, c’est à dire, tout au bout du golfe du Connecticut, à Manhattan !

    On a un peu de mal à visualiser ce que pouvait être la navigation de ce temps là, et pourtant, en même temps, on est étonnés de voir comment ils savaient s’en sortir ( au mieux ) avec septants, boussoles et lecture du ciel etoilé.

    J’ai les volumes du Journal du Gouverneur Braddford, dans lesquels il a consigné cette aventure jour apres jour, consiencieusement. Il est évident, à la lecture, que les pèlerins s’attendaient à rencontrer ce qu’ils appelaient « des sauvages », faute de savoir quel autre nom leur donner. Leur rencontre avec les Wampanoag est vite devenue amicale, voire familière. Ce sont les femmes des deux cotés des deux groupes qui ont construit des relations de paix et d’entr’aide, il faut le dire. Ce n’est que plus tard, apres la mort de leur chef, que les amérindiens attaqueront le campement de Plymouth – et la riposte anglaise qui a suivi.

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